Les articles publiés dans les anciens numéros du journal

Entretien avec Donatien Mazany

Q : Donatien Mazany, pouvez- vous présenter ? Qui êtes-vous ? Que faites-vous ? On vous croise souvent à la Cinémathèque et c'est l'occasion de vous faire connaître auprès des lecteurs de Cinéfil.

Donatien Mazany : Je suis historien de profession, professeur de lettres-histoire à mi-temps par choix personnel, et l'autre mi-temps, je suis archiviste privé avec une activité libérale dans les archives privées, pour les entreprises ou les particuliers. Ainsi donc je trie, range et classe les archives. Enfin, j'ai une troisième activité contractuelle auprès du « CETHIS », le Centre d'Études Tourangeau d'Histoire des Sources, le laboratoire de recherche où je travaille sur un projet intitulé le Fonds Martinien qui est l'inventaire de tout le mobilier martinien en Région Centre.

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John Ford - L'Homme qui tua Liberty Valance, 1962

"Quand la légende dépasse la réalité, imprimez la légende"

« Je me nomme John Ford et je fais des westerns » : c'est ainsi que le cinéaste se présenta devant la commission des activités anti-américaines à l'époque du mac-carthysme. Serait-ce l'humble aveu d'un cinéaste qui aurait abordé le western uniquement comme un genre ? Toute son œuvre, et plus particulièrement ce film que programme la Cinémathèque de Tours pour sa séance de clôture, nous prouvent le contraire. La conquête de l'Ouest élevée au rang de mythe par le cinéma hollywoodien a toujours été pour John Ford à l'origine de sa réflexion sur l'histoire de son pays. Si «le cinéma de John Ford est l'oeuvre d'un homme qui apprend à regarder l'Histoire, à comprendre ce qu'est une image et un point de vue », comme l'écrit Nicolas Saada dans l'ouvrage que les Cahiers du cinéma ont consacré à John Ford, L'Homme qui tua Liberty Valance en est l'illustration parfaite.

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Festival du court-métrage – Retours

Lundi 13 avril , à l'occasion de la sortie du livre que Donatien Mazany a consacré au Festival du court métrage de Tours, La Cinémathèque nous a permis de voir ou de revoir quatre courts métrages qui furent présentés en leur temps à cette occasion dont Le Sabotier du Val de Loire de Jacques Demy et Un Dimanche à Pékin de Chris Marker sur lesquels je souhaiterais revenir.

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Entretien avec Alain Choquart

Q : Comment êtes-vous devenu chef-opérateur ?

Alain Choquart : J'étais un vrai accro de cinéma depuis ma jeune adolescence. Je m'occupais du ciné-club de mon collège depuis la classe de quatrième, puis au lycée. J'ai passé le concours d'entrée à l'école Louis Lumière l'année de mon bac, à 16 ans, et j'ai été reçu. J'avoue que je ne savais pas très bien ce qu'était le métier de chef-opérateur. On n'en parlait pas autant que maintenant. Aujourd'hui le public cinéphile est beaucoup plus averti sur les différents métiers du cinéma. J'adorais le cinéma, j'étais content d'entrer dans une école nationale de cinéma, mais je ne savais pas grand chose des différents métiers. C'est une école très intense où on faisait beaucoup de choses, ça allait de l'écriture de scénarios à l'analyse de films, à la pratique un peu hasardeuse quand même de la pellicule, parce qu'on dépendait de l'Éducation Nationale et le budget n'était pas énorme.

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Hommage à Manoel de Oliveira

Rendre hommage à Manoel de Oliveira, c'est prendre conscience que l'histoire du cinéma change d'échelle. Qui que nous soyons, nous avons rencontré le cinéma de Manoel de Oliveira alors qu'il était dans sa maturité. Il nous faisait signe dans notre jeunesse depuis l'origine de cet art né avec lui. Je me souviens de 1993 et de Val Abraham. Cette adaptation de Madame Bovary semblait flatter la culture française mais Manoel de Oliveira avait eu l'audace d'avoir fait réécrire le roman par la romancière Augustina Bessa-Luis afin de l'accoutumer au climat portugais propice aux images du cinéaste, lequel allait magnifier Leonor Silveira dans le rôle d'Ema aux côtés de Luis Miguel Cintra.

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Le cinéma en France pendant la grande guerre - 4ème partie

De mars 1917 à novembre 1918 !

En mars, le Service Cinématographique des Armées se réorganise et ce sont les militaires eux-mêmes qui prennent en charge les prises de vue de la guerre et en confient la réalisation à des professionnels du cinéma. Les films de propagande acquièrent une nouvelle dimension dans laquelle les autorités militaires, en premier lieu les généraux, n'hésitent plus à se laisser mettre en scène (Pétain goûtant la soupe, Visite de M. Clémenceau à Noyon ! Alfred Machin le 09 04 1917).

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