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Cinecittà… La ville du cinéma

Les studios de Cinecittà ont été inaugurés le 28 avril 1937 par Benito Mussolini.

L’idée, à l’origine de ce projet, était de créer un grand centre de création cinématographique capable de rivaliser avec Hollywood mais aussi de se doter d’un cinéma de propagande fasciste : la force de l’image dans un pays où le pourcentage de l’illettrisme était important !

Les bâtiments, de couleur rose saumon, situés sur la Via Tuscolana, au sud de Rome, sont typiques de l’architecture fasciste et ils n’ont guère changé depuis leur origine. Pendant la Seconde guerre mondiale, les studios de Cinecittà ont été épargnés par les bombardements mais après la chute du régime de Mussolini, ils sont utilisés comme centre d’accueil pour les personnes déplacées qui avaient perdu leur maison à cause des bombardements.

Le nom de Federico Fellini est éternellement associé aux studios de Cinecittà car c’est là qu’il aura réalisé ses plus grands films, des Vitelloni en 1953 jusqu’à Intervista en 1987, qui constitue justement une évocation nostalgique de Cinecittà.

L’âge d’or de Cinecittà se situe dans les années 50 et 60 car les studios romains offraient des coûts de tournage et de production nettement inférieurs à ceux pratiqués aux États-Unis. Ils accueillent alors, outre les productions italiennes, les grands tournages hollywoodiens. Plus de 150 péplums y seront tournés, Ben Hur en 1958-1959, Cléopâtre en 1962... Les studios de Cinecittà connaîtront à nouveau un bel épanouissement avec les films de Sergio Leone, à partir de Pour une poignée de dollars en 1964 !

Dans les années 70, avec l’avènement de la télévision, l’industrie du cinéma s’essouffle et l’âge d’or de Cinecittà appartient au passé mais dans l’air du temps, on y tourne des téléfilms et des émissions de télévision.

L’un des derniers grands tournages à Cinecittà reste Gangs of New York (2002), où Martin Scorsese redonne vie au quartier de Five Points de Manhattan au temps des émeutes de 1863. Le chef décorateur Dante Ferretti, qui fut celui de Pasolini, de Comencini ou de Fellini, a pour l’occasion renoué avec les grands décors d’autrefois. Autre tournage célèbre, celui d’une série télévisée américano-britannique, Rome. Les décors permanents de cette série, qui ont brûlé en 2007 dans l’incendie qui a dévasté Cinecittà, ont été reconstruits et ils sont utilisés aujourd’hui pour toutes sortes de productions.

Depuis 2011, les studios de Cinecittà sont ouverts au public qui peut déambuler le long des 21 studios*, visiter les hangars où s’entassent les objets qui ont servi et qui resservent encore et toujours pour de nouveaux tournages, se promener au milieu des décors antiques, découvrir le temple de Jérusalem tel que personne ne l’a jamais vu, la gigantesque piscine pour le tournage des scènes aquatiques, ou découvrir l’exposition, Cinecittà si Mostra.

* En fait il n’y a que 20 studios. Il manque le studio 17. En Italie, ce chiffre est censé porter malheur. 17, en chiffres romains, s’écrit XVII, anagramme de VIXI, « j’ai vécu »… donc « je suis mort » !

Catherine Felix

Cinefil N° 57 - Mai 2019

 

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