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La révolution numérique

      La révolution est arrivée ! Je parle, bien sur, de la révolution numérique affectant le matériel de projection dont s'équipent aujourd'hui les salles de cinéma mais aussi, et surtout, les caméras automatiques, légères et maniables dont l'utilisation par les professionnels devient de plus en plus fréquente.

      Lors de l'apparition de la vidéo et des caméras spécifiques mises sur le marché, les cinéastes professionnels n'ont guère été concernés puisque les moyens de transcriptions en système analogique, permettant des projections en salle, s'avéraient onéreux avec un rendu de qualité médiocre. Il n'en va pas de même avec les systèmes DVD ou Blu-Ray qui peuvent être exploités sans transformation et qui sont utilisables – tant pour le montage que pour la sonorisation – par n'importe quel quidam pourvu d'un ordinateur.

      Sans même détailler les tares que peut engendrer cette technique : pas besoin d'un travail sur la lumière, sur le découpage, sur le décor, sur la profondeur de champ, bref sur la mise en scène proprement dîte, on peut regretter que ce soit tout un pan du cinéma qui s'effondre, et beaucoup plus profondément que lors des précédentes révolutions que furent l'apparition du son et les progrès chimiques sur la pellicule.

      Désormais il est possible à tous de réaliser un film, (cela existait précédemment avec la pellicule 8 mm ou 16 mm), et surtout, c'est là le changement notable, de le diffuser immédiatement par le biais d'Internet. Aucun autre art n'est aujourd'hui en mesure de réaliser ce miracle, sauf peut-être la littérature qui, cependant, ne réalise pas la dilution naturelle du produit avec son média ce qui est bien sur le cas de l'image numérique.

      Alors qu'en sortira t-il ? Les dégâts sur le cinéma professionnel sont déjà visibles. Pour le reste espérons que la période de décantation soit brève car jusqu'à présent les innovations techniques créaient des contraintes nouvelles que devaient maîtriser les créateurs alors qu'aujourd'hui ce sont des facilités qui sont permises ! Or la contrainte stimule la création, la facilité fait naître l'insouciance.

Jocelyn Lavaud

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