Les articles publiés dans les anciens numéros du journal

Coup de blues : Des images sans conscience

"L'espèce humaine vit sous une sorte de régime d'empoisonnement interne... Ce n'est pas un monde que j'aime"

      Je trouve une résonance profonde avec l'une des dernières déclarations de Claude Lévi-Strauss qui considérait la télévision bien "primitive" et mon ressenti actuel sur ce que laissent les images. C'est comme si les "créateurs" d'aujourd'hui voulaient inoculer leur propre pus dans les veines du spectateur lambda. Réduire la vie humaine à sa dimension finie et matérielle conduit l'humanité à nier son principe essentiel et l'amène de ce fait à l'autodestruction.

      Cela se traduit, dans le propos qui me préoccupe ici, à être un spectateur passif de la négativité la plus absolue en matière d'images : Meurtres, tueries, pornographies, viols, scatologies, destructions, haines, vengeances sanguinaires, etc, etc...

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Fragments pour une histoire du cinéma

Le plaisir du voir sans être vu - Le spectateur-voyeur

        La Cinémathèque française organise actuellement une rétrospective Hitchcock et la Cinémathèque de Tours a présenté deux de ses premiers films période anglaise pour clore l'année 2010. C'est l'occasion d'aborder la notion de voyeurisme au cinéma, ce thème de la pulsion ''scopique'' traversant toute l'œuvre d'Hitchcock. La cinéphilie est directement décrite comme « le goût pervers du voyeurisme » par Michel Marie

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Les interviews de Cinéfil : Cours de culture asiatique avec Charles Tesson

Charles Tesson est une des plumes des Cahiers du Cinéma depuis plus de 30 ans, avec un passage à la rédaction en chef de 1998 à 2003. Une de ses plumes raffinée, sensible et cultivée.
Professeur d'histoire et d'esthétique du cinéma à la Sorbonne-Paris 3, il est aussi l'auteur d'ouvrages références tels "Luis Bunuel", "Akira Kurosawa", "Abbas Kiarostami", ''Made in Hong-Kong'' (co-écrit avec Olivier Assayas) ou encore ''Satyajit Ray'' (tous publiés aux Cahiers du Cinéma).
Invité justement à présenter « Le salon de musique « de Satyajit Ray le 25 janvier dernier à la cinémathèque, nous avons profité de sa venue pour recueillir quelques pans de ses connaissances sur le cinéma asiatique.

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Les Interviews de Cinéfil : Louis d'Orazio, éclaireur du cinéma italien

        Louis d'Orazio promène sous son chapeau distingué son sourire poli et sa générosité chaleureuse. Disponible alors que dans quelques minutes il va présenter pour la Cinémathèque ''Nous nous sommes tant aimés'' d'Ettore Scola. Devenu un peu par hasard, dit-il, le spécialiste du cinéma italien à Tours, ce professeur de cinéma au lycée Balzac pendant 8 ans s'est coulé dans ce rôle avec modestie mais avec passion et sait savourer chaque instant de cinéma.

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Un « drôle de drame » !

      Un Carné / Prévert comique ! Bizarre, Bizarre ! Vous avez dit Bizarre, Bizarre !..
      Dans un décor de contre-plaqué, de vrais grands acteurs jouent un vaudeville boulevardier qu'auraient, sans aucun doute, beaucoup apprécié Labiche et Courteline...

      Une farce comico-perverse, où les protagonistes pratiquent le mensonge comme ils boivent du lait ou du whisky, en vertu des principes de classe et du paraître allant avec. Une histoire british superbement adaptée à la langue française par les maîtres joailliers des images et des mots, le tandem, alors inoxydable, Carné / Prévert...
      Quelques ''grandes gueules'' de l'époque venues du théâtre, du music-hall et du cinéma, certains des trois à la fois, s'affrontent dans la démesure d'un jeu grand-guignolesque désopilant dont ils ont le talentueux secret...

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Brève histoire du cinéma hongrois

        L'histoire nous apprend que le cinéma s'exporta dans le monde entier très tôt après son invention comme si l'appareil des frères Lumière répondait à une nécessité universelle. En Hongrie, la première séance de cinéma eut lieu dans un ancien magasin de chapeaux, à Budapest le 13 juin 1896. Elle était due à l'initiative d'un marchand de tableau appelé Arnold Sziklaï qui, en visite à Paris début 1896, avait assisté à une projection des films '' Lumière'' sur les grands boulevards. Il fut si enthousiasmé par ce spectacle qu'il voulu à tout prix ramener chez lui un appareil de projection, ce que refusa Louis Lumière, mais qu'il se fit confectionner par un artisan de Lyon nommé Manoussen. Cette première ''salle'' de cinéma fut très vite concurrencée par un grand café de Budapest, le Velence, qui faisait tourner des petits films pris sur le vif par quelques salariés (restés inconnus à ce jour) pour les projeter en boucle à ses clients. Le succès aidant, naissait en 1898, soit 2 ans après l'importation du cinéma, la Projectograph, 1ère société de production cinématographique hongroise. Ses fondateurs en étaient Mor Ungerleilern le directeur du Velence et Jozsef Neumann, un homme d'affaire.

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Un six coups et deux temps au Far West

      La première séance publique du cinématographe des frères Lumière eut lieu le 28 décembre 1895 à Paris. Cet événement fut immédiatement connu aux États-Unis où Thomas Edison, qui n'en était pas à sa première manœuvre douteuse, s'empressa dès le 23 mars 1896 de déposer à son nom le brevet du Phantascope (inventé par d'autres que lui) qu'il rebaptisa pour la circonstance Vitasvope, afin de barrer la route à ce concurrent potentiel. Les projections publiques du Cinématographe Lumière débutèrent le 18 juin 1896 à New York mais La Thomas Edison Company, alliée pour la circonstance à son concurrent Biograph, contraignit, par ses manœuvres et ses tracasseries à décourager les Français qui quittèrent les lieux en juillet 1897.

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Les Interviews de Cinefil : Jean Douchet


Jean DOUCHET - Le passeur

        Le personnage Jean Douchet en impose. Un physique de monument théâtral, large carrure et longue crinière blanche. Une personnalité hors normes, modestie et accessibilité en prime. Celui que l'on surnomme le « Socrate du cinéma » parce qu'il accouche le sens des films aux yeux des spectateurs, a traversé la nouvelle vague et la période Cahiers du cinéma aux côtés des Rohmer, Chabrol, Godard, Truffaut, Rivette, etc., avant de former les cinéastes d’aujourd’hui à l’IDHEC puis à la FEMIS. Enseigner : son rôle préféré, lui qui s'est assez peu frotté à la réalisation (1 seul long métrage à son actif : une commande). Nous l'avons rencontré à l'occasion de sa venue à Tours le 22 novembre lors d’une soirée en hommage à Eric Rohmer.

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A propos du cinéma : Les échecs au cinéma

        A l'occasion du cycle consacré à Satyajit Ray, le film « Les joueurs d'échecs », constitue indirectement un hommage au jeu d'échecs, dans la mesure où ce jeu est originaire des Indes. Les parties d'échecs jouées par les deux amis, indifférents aux évènements qui se déroulent autour d'eux, servent de contrepoint au récit historique qui oppose le roi d'une province de l'Inde au représentant de la couronne d'Angleterre.

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Le coup de pinceau d’un cinéaste : Éric Rohmer

Cinéma et peinture

        Il se tient en ce moment à Paris une exposition sur la querelle des coloris en France à la fin du XVIIe siècle. Cette querelle opposait les partisans du dessin (Poussin) et ceux de la couleur (Rubens). Or, il est intéressant de réfléchir sur les films de Rohmer par cette approche. En effet, Jacques Aumont dans L’œil interminable a bien montré l’importance des liens entre la peinture et le cinéma, mettant en lumière notamment l’équivalence de cette querelle du XVIIe siècle avec le  cinéma au XXe siècle, entre ceux qui réclament la couleur et ceux qui la rejettent totalement, la considérant comme impure, désorientant l’objectif principal du cinéma qui est la reproduction stricte de la réalité.

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