Les articles publiés dans les anciens numéros du journal

L'adaptation au cinéma

A propos de films italiens récemment programmés

1° La fidélité une fausse question ...

    Alors que l'association Henri Langlois programme Le Journal d'un curé de campagne de Robert Bresson d'après l'œuvre de Georges Bernanos, il serait utile de s'interroger sur la question de l'adaptation d'œuvres littéraires au cinéma. Cette question traverse toute l'histoire du septième art, non sans poser de problèmes et provoquer des polémiques comme ce fut le cas lorsque François Truffaut, dans son fameux article paru dans les Cahiers du cinéma en janvier 1954, « Une certaine tendance du cinéma français », dénonçait avec force les artifices qu'utilisaient Aurenche et Bost, les deux scénaristes d'alors, pour adapter des œuvres littéraires les plus diverses en les appauvrissant, disait-il, et ce au gré des commandes. 

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Les interviews de Cinéfil : Dominique Boccarossa

Le rapport sensible à l'image

    Dominique Boccarossa (Bleu le ciel, La vie nue) est un réalisateur à part. Radical et ennuyeux diront certains. Exigeant et libre diront d'autres. En tout cas il est certain que son cinéma, politique et poétique, tranche avec la plupart des films actuellement sur nos écrans. Est-ce pour cela que son dernier film, Ab irato, sous l'empire de la colère (2010) n'a pas encore trouvé de distributeur ?

   C'est donc à la découverte de ce film inédit empreint de réflexions, visions et sensations que nous a invitée la cinémathèque le 23 janvier dernier. Auparavant, Dominique Boccarossa avait fait une intervention à l'école des Beaux-Arts de Tours. Car c'est avant tout un artiste pluridisciplinaire qui peint ses films et ''interroge'' sur les rapports entre espaces, paysages et corps.

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Les interviews de Cinéfil : Elsa Loncle

Éduquer le jeune public à l'image

    De la Cinémathèque, chacun connaît et apprécie les séances du lundi, son activité principale. Ce que l'on sait moins :

    La Cinémathèque mène tout un travail souterrain pour gagner à la cause des films du patrimoine les spectateurs de demain, les enfants d'aujourd'hui.

    Vous aviez déjà certainement remarqué les lundis la présence de jeunes du lycée Balzac ou encore de l'école de Beaux Arts, partenaires de la Cinémathèque, ou bien la présence de quelques bambins aux séances pensées pour toute la famille durant les vacances scolaires.

    Mais il faut savoir que la Cinémathèque s'adresse aussi aux tout-petits, dès 3 ans. Explications avec Elsa Loncle, chargée à la Cinémathèque de la communication, du fonds documentaire et, aux côtés d'Agnès Torrens, de la programmation notamment jeune public.

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Mes souvenirs d’Henri Langlois (Suite)

2 – La cinémathèque française

    Le premier musée du cinéma d'Henri Langlois est inauguré le 26 octobre 1948 au 7, avenue de Messine sur trois étages. On y trouve l'original du contrat d'association entre Niepce et Daguerre, les plaques des lanternes magiques, le fusil ''chronophotographique'' de Marey, les bandes coloriées de Reynaud, l'énorme et menaçant "Sélénite" du "Voyage dans la lune" de Méliès, la tête coupée de Robert Houdin, les squelettes du Praxinoscope, du Phénakisticope, du Zootrope qui nous renseignent sur la paléontologie du cinéma.

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Le temps d’un tournage - Journal d'un curé de campagne

    « ...Déjà le réalisateur pense à un autre thème : une adaptation du roman de Georges Bernanos, Journal d'un curé de campagne. Un premier travail dû à Jean Aurenche et Pierre Bost, n'a pas eu l'agrément du romancier. Robert Bresson reprend la chose, bâtit un scénario qui épouse strictement la construction même du roman ; Bernanos meurt en 1948, avant que le cinéaste ait pu lui soumettre son adaptation. Pendant plusieurs mois encore, Bresson travaille, écrit les dialogues additifs. Il obtient sur cette adaptation l'approbation totale de l'Abbé Pézeril, ami personnel de Bernanos et son exécuteur testamentaire pour la partie religieuse de son œuvre. Puis il se met à la recherche des interprètes et des capitaux. Il reçoit cent comédiens, refuse ceux qui n'ont pas la foi et découvre enfin un inconnu, Claude Laydu, qu'il verra désormais chaque dimanche, pendant plus d'un an, pour lui parler de son personnage, l'en imprégner, l'en faire vivre. Il a plus de peine encore à trouver un producteur, fait antichambre, patiente, discute, convainc. Enfin au printemps de 1950, il commence les prises de vue dans un village d'Artois, aux lieux où se situe l'action.

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Pasolini au-delà du mythe

    Avec plus de quatorze prix et neuf nominations, Pier Paolo Pasolini s'est affirmé dans le monde du cinéma et est reconnu comme l'une des figures centrales de l'art italien. Son œuvre engagée a marqué les critiques, ainsi que sa vie mouvementée. Nous y revenons à l'occasion de la diffusion d'Œdipe Roi à la Cinémathèque.

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Robert Bresson - Un chemin qui conduit à une autre dimension

    Aucun autre cinéaste avant lui n'avait poussé aussi loin les recherches dialectiques entre l'image et le son, sur leur conjugaison pour atteindre des lieux jamais encore explorés.

    « Il n'y a qu'un point dans l'espace d'où une chose demande à un certain moment d'être regardée » disait Bresson. Ses recherches théoriques sur le cinéma n'ont eu qu'un seul but : saisir la libération d'une Âme captive et nous entraîner avec elle sur le chemin qui nous mène à la grâce.

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Mes souvenirs d'Henri Langlois

1 : Qui était HENRI LANGLOIS

    On l'a appelé le " Premier citoyen du cinéma ". En réalité, comme disait Akira Kurosawa : « Il est toujours vivant au fond de moi ».

    Il était né à Smyrne en Turquie le 13 novembre 1914. Il devait mourir un 13 janvier de l'année 1977 en créant avec moi "Les Premières Rencontres Internationales du Cinéma du Film de Fin d'Etudes" à Tours. Le jury prestigieux qu'il avait invité descendit d'avion à Paris pour assister à la cérémonie religieuse de ses obsèques. Il y avait là un géant de Hollywood Tay Garnett (le réalisateur de " Son Homme ", de la première version du "Facteur sonne toujours deux fois ", Richard Leacock - maître du cinéma direct américain - Sally Blumenthal (directrice du festival de New-York) où encore Mme Kawakita (productrice de Kurosawa à la Toho et directrice de la Cinémathèque de Tokyo) et bien d'autres. Avant d'exercer leur fonction de jury ces personnalités me firent toutes l'honneur de passer à la Cinémathèque pour parler de leur métier lors d'une soirée mémorable.

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Le film de l'année 2011/2012 : Le journal d'un curé de campagne (1950)

Robert Bresson et le cinématographe

    « Mon film naît une première fois dans ma tête, meurt sur du papier ; est ressuscité par les personnes vivantes et les objets réels que j'emploie, qui sont tués sur la pellicule mais qui, placés dans un certain ordre et projetés sur un écran, se raniment comme des fleurs dans l'eau », explique Robert Bresson dans Notes sur le cinématographe, texte majeur dans lequel il développe sa théorie singulière sur le cinéma.

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Les interviews de Cinefil : Philippe Lecocq (Suite)

La tempête du numérique est passée par le Studio

    Le numérique... vaste sujet qu'il nous a paru essentiel d'aborder au détour de deux numéros de Cinéfil. Lors du précédent numéro, nous avons fait le point avec Philippe Lecocq, directeur des cinémas Studio, sur la transition numérique d'un point de vue économique (l'équipement des 7 salles a coûté au total 700 000 euros).

    Nous poursuivons ici son interview en nous intéressant aux bouleversements du numérique à plus long terme, la mort de la profession de projectionniste et les conséquences sur la diffusion et la conservation des films du patrimoine.

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