Les articles publiés dans les anciens numéros du journal
Brève histoire du cinéma hongrois
L'histoire nous apprend que le cinéma s'exporta dans le monde entier très tôt après son invention comme si l'appareil des frères Lumière répondait à une nécessité universelle. En Hongrie, la première séance de cinéma eut lieu dans un ancien magasin de chapeaux, à Budapest le 13 juin 1896. Elle était due à l'initiative d'un marchand de tableau appelé Arnold Sziklaï qui, en visite à Paris début 1896, avait assisté à une projection des films '' Lumière'' sur les grands boulevards. Il fut si enthousiasmé par ce spectacle qu'il voulu à tout prix ramener chez lui un appareil de projection, ce que refusa Louis Lumière, mais qu'il se fit confectionner par un artisan de Lyon nommé Manoussen. Cette première ''salle'' de cinéma fut très vite concurrencée par un grand café de Budapest, le Velence, qui faisait tourner des petits films pris sur le vif par quelques salariés (restés inconnus à ce jour) pour les projeter en boucle à ses clients. Le succès aidant, naissait en 1898, soit 2 ans après l'importation du cinéma, la Projectograph, 1ère société de production cinématographique hongroise. Ses fondateurs en étaient Mor Ungerleilern le directeur du Velence et Jozsef Neumann, un homme d'affaire.
Les Interviews de Cinefil : Jean Douchet
Jean DOUCHET - Le passeur
Le personnage Jean Douchet en impose. Un physique de monument théâtral, large carrure et longue crinière blanche. Une personnalité hors normes, modestie et accessibilité en prime. Celui que l'on surnomme le « Socrate du cinéma » parce qu'il accouche le sens des films aux yeux des spectateurs, a traversé la nouvelle vague et la période Cahiers du cinéma aux côtés des Rohmer, Chabrol, Godard, Truffaut, Rivette, etc., avant de former les cinéastes d’aujourd’hui à l’IDHEC puis à la FEMIS. Enseigner : son rôle préféré, lui qui s'est assez peu frotté à la réalisation (1 seul long métrage à son actif : une commande). Nous l'avons rencontré à l'occasion de sa venue à Tours le 22 novembre lors d’une soirée en hommage à Eric Rohmer.
Le coup de pinceau d’un cinéaste : Éric Rohmer
Cinéma et peinture
Il se tient en ce moment à Paris une exposition sur la querelle des coloris en France à la fin du XVIIe siècle. Cette querelle opposait les partisans du dessin (Poussin) et ceux de la couleur (Rubens). Or, il est intéressant de réfléchir sur les films de Rohmer par cette approche. En effet, Jacques Aumont dans L’œil interminable a bien montré l’importance des liens entre la peinture et le cinéma, mettant en lumière notamment l’équivalence de cette querelle du XVIIe siècle avec le cinéma au XXe siècle, entre ceux qui réclament la couleur et ceux qui la rejettent totalement, la considérant comme impure, désorientant l’objectif principal du cinéma qui est la reproduction stricte de la réalité.
Les cauchemars d’Alfred HITCHCOCK
En exaltant l’art du récit déployé par Alfred Hitchcock : sa science des éclairages (influencée d’évidence par l’expressionnisme allemand qu’il fréquenta de près en 1930), sa manière de ne tourner que des petits bouts de scène pour conserver la maîtrise du montage, son apport au scénario – travail sur le ‘’méchant’’ - utilisation du fameux ‘’MacGuffin’’, sa façon de faire de la caméra l’acteur principal face à un spectateur soumis et culpabilisé, sa pratique du Story Board, etc…, on découvre facilement ses thèmes récurrents.
Hommage à Marcel Carné
Marcel carné fait partie de ce petit nombre de réalisateurs qui ont fait reconnaître le cinéma comme un Art, au même titre que la peinture, la littérature, la sculpture.
Pour le situer à sa place, il faut d’abord savoir ce qu’était le cinéma à l’époque et aussi ce qu’était l’époque. Et ne pas oublier que le terme exact est ‘’cinématographe’’ c’est-à-dire « écrire avec la lumière ».
Un film de Prévert mis en images par Carné ?
Dès son troisième long métrage, Quai des brumes en 1938, Marcel Carné est responsable des plus éclatants succès du cinéma français d'Avant-Guerre et de l'Occupation. Pourtant ses succès s'accompagnent de débats et de remises en cause qui relativisent sa réputation. D'abord les producteurs trouvent ses exigences financières trop élevées pour son âge ! Cela incita le réalisateur à cacher son âge ; les dictionnaires le font naître en 1909. Mais c'est face à la censure que les vexations sont les plus grandes. Le gouvernement de Vichy, relayant les méfiances du gouvernement Daladier, accuse Quai des brumes d'être responsable de la Débâcle, le censure ainsi que Le Jour se lève ; et quand il décide de les autoriser, les cisaille. Puis enfin La Nouvelle Vague, et surtout François Truffaut, en fera une de ses cibles favorite : « des films de Prévert mis en images par Carné » dira-t-il.
Pourquoi un accompagnement musical des films muets ?
« Un film muet vu sans accompagnement musical fait que le spectateur ressent un malaise ; ce phénomène a une explication psychophysique : pour le film muet la musique n’est pas seulement un instrument traditionnel pour exprimer le ton affectif, mais une sorte de troisième dimension de l’écran. La musique fait accepter l’image de l’écran comme une vraie image de la réalité vivante. La musique cesse, tout apparait plat, ombres privées de chair. »
Bela Balazs
A propos du film « Le Signe de Zorro » de Fred Niblo
La naissance d’un genre et d’un mythe
A l’heure de la sortie en salles de La Princesse de Montpensier, (2010), adaptation de l’œuvre de Madame de La Fayette par Bertrand Tavernier, il est intéressant de revenir sur la première adaptation au cinéma des aventures de Zorro, qui est également le lancement du genre de cape et d’épée. En 1919 Zorro n’est que le personnage populaire de littérature « pulp », nom donné à ces magazines d’aventures à épisodes, publiés sur du papier de mauvaise qualité, fabriqué à partir de la pulpe de bois. Un an plus tard, il devient l’icône des Etats-Unis grâce à la production cinématographique de Douglas Fairbanks. Intéressons-nous donc à la construction de ce mythe et de ce genre à travers l’étude du passage du texte à l’image cinématographique dans Le Signe de Zorro, (1920) de Fred Niblo.
Qu'est-ce que le cinéma ?
Il paraît légitime de se poser cette question dès lors que l'on fréquente une cinémathèque, c'est-à-dire le lieu par excellence où l'on appréhende la dimension culturelle du septième art. Et parce que l'on projette dans ce lieu les films qui ont fait l'histoire du cinéma, cherchons dans le célèbre film des Frères Lumière, l'arrivée du train en gare de la Ciotat, la réponse à notre question.
Coup de blues: La modernité est une mauvaise excuse !
Les films projetés par la cinémathèque (que ce soit à Tours ou à Paris) ont l’immense mérite de démontrer que l’écriture cinématographique n’a pas attendu l’invention des techniques numériques pour être efficace et capable de toucher les spectateurs au plus profond de leur sensibilité. Les progrès techniques ont jalonné l’histoire du cinéma et quelquefois, profondément bouleversé la façon de mettre en scène (par exemple lors du passage du muet au parlant).