Les articles publiés dans les anciens numéros du journal

L'aventure Documentaire

Le passage de l'enregistrement de la réalité à la création artistique

    « Destiné à saisir « la vie sur le vif », prôné ensuite pour ses vertus didactiques, voire propagandistes, puis rejeté comme ennuyeux (« docucu ») mais revendiqué comme film d'auteur (« documentaire de création »), le documentaire semble aujourd'hui faire un retour en force... ».
(« Le documentaire et ses faux-semblants » de François Niney)

    Le catalogue de la Cinémathèque vous a proposé en début de saison trois films importants et représentatifs du genre que l'on peut qualifier comme « documentaire » : L'Homme d'Aran de Robert Flaherty (1934), Symphonie paysanne d'Henri Storck (1944) et La Terre tremble de Luchino Visconti (1948). C'est l'occasion de parler de son origine, de ses précurseurs et de ses grands courants.

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Une rivalité de bandes

    La Cinémathèque a projeté le mois dernier Conte d'été réalisé par Eric Rohmer en 1996. A cette occasion elle avait invité l'historien et critique de cinéma Jean Douchet qui se livra à une analyse très fine et des plus pertinentes de ce film et de toute l'œuvre de ce cinéaste récemment disparu. Il mit l'accent tout particulièrement sur les rapports qu'entretiennent chez Rohmer le son et l'image, ces deux composantes fondamentales du récit cinématographique.

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Retour sur Une Journée particulière d'Ettore Scola

    Lundi 28 novembre. La plus grande salle des Studio était pleine à craquer: la Cinémathèque projetait le film de Ettore Scola, Une Journée particulière et elle avait demandé à Jean Gili, spécialiste du cinéma italien, d'en assurer la présentation. On put alors appréhender toute la richesse artistique et les enjeux politiques de ce film antifasciste, toujours d'actualité. Tout en partageant pleinement l'analyse qui en fut faite et profitant du recul qu'offre l'écrit par rapport à des réactions orales formulées immédiatement après la projection, je souhaiterais insister sur les choix de mise en scène dans ce film.

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Les Interviews de Cinefil : Anaïs Carpita, scénariste inspirée

    Bel hommage que celui rendu par la petite fille du réalisateur marseillais Paul Carpita à l'occasion de la projection de son film phare Le Rendez-vous des quais (1953-55). Venue présenter la séance le 7 novembre, Anaïs Carpita, elle-même jeune scénariste, s'est montrée intarissable sur l'histoire de ce film incroyable, censuré pendant 35 ans, parce qu'il témoignait des mouvements ouvriers de l'époque et du refus de la guerre en Indochine. Un film militant et engagé, financé par le Parti Communiste, qui a valu à Paul Carpita de mettre sa carrière de réalisateur entre parenthèses (quatorze films à son actif tout de même dont pas mal de courts-métrages) pour se consacrer à son autre passion : l'enseignement. On ne sort pas indemne d'une telle histoire familiale et c'est donc Anaïs, chez les Carpita, qui a repris le flambeau du cinéma en devenant scénariste. Avec comme héritage : le sens du récit, de l'Histoire et des histoires humaines.

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Les interviews de Cinefil : Philippe Lecocq

    Le numérique... vaste sujet qu'il nous a paru essentiel d'aborder au détour de deux numéros de Cinéfil. Un sujet de poids de par ses enjeux technologiques et économiques (ceux qui nous intéressent ici ). La révolution du numérique a déferlé sur les écrans des cinémas français il y a quelques années et est en train de s'imposer partout. Hors du numérique, point de salut ! Dans les multiplex comme dans les petits cinémas de campagne.

    Au départ, l'équation n'était pas égale : gains d'argent substantiels pour les distributeurs, gains de qualité d'image pour les spectateurs, longtemps les exploitants des salles furent les perdants du système, réfractaires car l'endettement menaçait derrière cet équipement hors de prix (80 000 euros par écran). Depuis, une loi a été votée pour aider à l'équipement créant une contribution numérique des distributeurs et d'autres aides provenant de l'Etat se sont mises en place. Avec un peu de recul, nous avons décidé de faire le point avec les cinémas Studio, peu suspects d'angélisme naïf sur les bienfaits du numérique. Rencontre avec son directeur, Philippe Lecocq.

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Quelques mots sur Robert Flaherty

    Lorsque l'on consulte aujourd'hui une carte du Canada et de la baie d'Hudson, l'on observe que la plus grande île des Îles Belcher, situées au sein de la baie d' Hudson, est dénommée « Flaherty Island ». Robert Flaherty semble ainsi être le seul cinéaste qui ait laissé son nom à un morceau de l'espace terrestre ! Peut-on trouver meilleur symbole pour illustrer la carrière et l'engagement de Robert Flaherty, ce cinéaste explorateur... à moins qu'il ne s'agisse d'un explorateur cinéaste ?

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Un grand message mystique

The Tree of Life de Terrence Malick

"Où étais-tu quand je fondais la terre ?
Dis-le si tu as de l'intelligence.
Qui en a fixé les dimensions, le sais-tu ?
Qui a tendu sur elle le cordeau ?
Sur quoi ses bases sont-elles appuyées ?
Qui en a posé la pierre angulaire, alors que les étoiles du matin éclataient en chants d'allégresse et que tous les fils de Dieu
poussaient des cris de joie."

Par cette citation du Livre de Job commence cette épopée cosmique qui est en même temps un hymne à la vie, "The Tree of Life".

    Avec des images sublimes nous assistons dans notre fauteuil à la création du monde, puis à la vie de quelques êtres choisis émanant de cette soupe évolutive. Ici l'univers ressemble à un vaste océan, constitué de l'eau qui le forme et de l'air au-dessus de sa surface. « L'espace-temps situé dans l'eau est l'espace-temps de la matière ; et l'espace-temps situé dans l'air est l'espace-temps de l'esprit », rappelle Jean Charon qui, en son temps, a été brûlé sur le bûcher par toute la pensée scientifique rationaliste. Comme il aurait aimé ce film !

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Mon ami Jean ROUCH

    Le dernier passage en Touraine de Jean Rouch et sans doute l'une de ses dernières prestations pour parler de l'Afrique, de son œuvre, de sa vie, a eu lieu à mon initiative à la Cinémathèque de Tours Henri Langlois. Cela s'est passé environ six mois avant sa disparition en Afrique (au Niger) continent qu'il avait au cœur.

    A chaque fois que j'allais saluer Langlois à la Cinémathèque Française, installée à l'époque au Palais de Chaillot, j'allais également voir Jean Rouch, son voisin, au Musée de l'Homme.

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Brève histoire du cinéma égyptien

    Les opérateurs Lumière puis ceux de Pathé amenèrent très tôt le cinéma dans les pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine. C'était encore un spectacle forain et les projections (il existait de nombreuses copies des films tournés en France et en Angleterre) avaient lieu dans des lieux improvisés, mais rarement dans les théâtres. En Egypte ce fut un hammam du Caire qui accueillit la première projection en 1897, les suivantes ayant lieu dans différents cafés au Caire et à Alexandrie.

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Les Interviews de Cinefil : Alexis Guérineau-Rieutord

Tournée des rêves d'Alexis Guérineau-Rieutord

    Casquette vissée sur la tête et sourire collé aux lèvres, Alexis Guérineau-Rieutord, 24 ans, est un jeune homme habité par la passion du cinéma, on n'ose dire depuis qu'il est né mais presque ... Il n'a qu'une petite dizaine d'années quand il s'empare pour la première fois d'une caméra. Dès lors, il ne la lâchera plus. Aujourd'hui, réalisateur indépendant, doté d'un sens de l'invention et de la débrouille hors pair, il a déjà à son palmarès une centaine de courts métrages, deux moyens et deux longs auto produits. Porté par sa volonté suprême, le jeune tourangeau trace son chemin et ne devrait pas tarder à percer. Rencontre avec ce talent brut qui ne demande qu'à éclore aux yeux de tous.

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