Les articles publiés dans les anciens numéros du journal

Paroles de Cinéphile 6

A propos de Metropolis de Fritz Lang (sorti en 1927).

    La Cinémathèque nous a présenté fin décembre 2012, au grand bonheur de tous, Metropolis dans sa dernière version restaurée. Pour les cinéphiles et les historiens l'affaire est entendue : Metropolis fait partie des chefs-d'œuvre de l'Histoire du cinéma, un film qu'il convient de voir au moins une fois dans sa vie de cinéphile et à revoir autant de fois que nécessaire. Mais pour les plus jeunes, les adolescents d'aujourd'hui, en est-il de même ? Comment réagiraient-ils à ces images d'une autre époque, avec un jeu des acteurs très différent de ce qu'ils peuvent voir aujourd'hui sur les écrans. J'ai voulu tenter l'expérience et j'ai donc présenté à ma classe de 1ère S Metropolis certes dans une version un peu différente et moins complète de celle que nous avons vue mais sans que cela ne gêne l'expérience.

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L'hommage aux pionniers - Les Avant-gardes des années 20

Préambule :

    La guerre de 14/18 a pris fin. Le monde en sort traumatisé par les huit millions et demi de morts dont un million et demi de Français.

    Les survivants restent choqués, impitoyablement marqués par la grande boucherie. Les valeurs traditionnelles du XIXème siècle établies par les dynasties royales et le clergé sont ébranlées et seuls, les grands industriels échappent à la nausée collective.

    A l'est, la révolution bolchevique suscite d'immenses espoirs chez certains, l'effroi chez d'autres. Mais chaque Français, chaque Allemand, chaque Soviétique, chaque Britannique, n'aspire plus pour un temps, celui de la décennie des années 20, qu'à la paix et à la joie de vivre.

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Mes souvenirs d'Henri Langlois (4ème partie - Suite)

4) Henri Langlois et la ville de Tours (suite)

    Devant le succès (des premières projections au Beffroi – voir Cinéfil N° 19), Langlois me proposa une idée délirante « Ça te dirait de passer à Tours un demi-siècle de cinéma français, des primitifs jusqu'à la Nouvelle Vague? » Bien évidemment aussi passionné que lui, je relevais le défi. Je fis un tour de table avec les directeurs des salles de cinéma commerciales, d'art et essai et celle de mon quartier, et nous nous mîmes d'accord pour présenter sur quinze jours 250 films français.

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La nuit du chasseur, de Charles Laughton, Ou Les Pièges du Malin

    Le distributeur Wild Side vient d'éditer en coffret DVD et Blu-Ray, numéroté et limité, le film culte « La Nuit du chasseur » de Charles Laughton. La particularité et la richesse de cette édition tient au fait que le film, lui-même restauré, est complété d'une édition des 2 heures de rushs non utilisés par Laughton, par un CD de l'histoire du film raconté par Charles Laughton lui-même et par un livre d'analyse de Philippe Garnier.

    A l'occasion de cette sortie exceptionnelle, nous vous proposons une interprétation de ce film par Lionel Tardif en reprenant le texte d'un exposé qu'il tint en avril 2012 à l'Université de Paris VIII.

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L'hommage aux pionniers - Les Avant-gardes des années 20 (2)

En Allemagne :

1919 à 1933 : République de Weimar.

    L'Allemagne vaincue est en proie aux plus violentes difficultés. En 1919 les Spartakistes (Communistes) se révoltent, en 1920 c'est le putsch de Kapp (Extrême droite) puis la tentative de coup d'état de 1923 par Ludendorff et Hitler. Le mark est profondément dévalué, la classe moyenne ruinée, seule la grande industrie, comme partout, se redresse. Mais la fin de la décennie sera catastrophique : krach boursier, faillite des banques, énorme progression du chômage, baisse de la production industrielle. Le temps des dictatures est venu.

    Ces années 20 vont pourtant permettre un essor du cinéma allemand à peu près unique au monde, tant en quantité qu'en qualité.

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Les interviews de Cinéfil - Des lycéens tournés vers le 7ème art

    Ils ont 15-17 ans, et déjà ils écrivent, tournent, et montent des films ! Encadrés par des professionnels, ils passent cinq heures de leur semaine à étudier le cinéma sous toutes ses séquences.
Le lycée Balzac de Tours (et actuellement son professeur de l'audiovisuel Laurent Givelet) dispense une option cinéma reconnue et recherchée, qui, au fil des années, a vu passer comme élèves Antony Cordier, Alexis Guérineau, Manon Billaut, ... Il faut savoir que 60% des élèves environ continuent leurs études en cinéma après ce bac.

    Les futurs grands noms du cinéma seront peut-être Manon Pelcerf et Alexandre Guy, lycéens en Terminale. Sympas, décontractés et passionnés, ils ont accepté de passer pour nous le grand oral : à savoir, nous présenter les grandes lignes de l'option cinéma à Balzac.

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The Diary of a Housemaid - Renoir à Hollywood

    Le paradoxe de Jean Renoir est d'être passé d'une grande vague patriotique - films en l'honneur de la France, du Parti Communiste - à un exil aux Etats-Unis, alors même qu'il avait appelé à rentrer en France ses camarades Duvivier, Clair et Feyder, partis faire carrière à l'étranger, car le pays avait « besoin d'eux ». Mais finalement, Renoir est toujours resté dans cet entre-deux, dans un style hybride entre critique du système américain et problématiques françaises. C'est à la suite du mauvais accueil de La Règle du jeu, que le public et les critiques ne comprirent pas, que Renoir se décida à quitter la France, après avoir hésité à renoncer au cinéma. Le cinéaste, souhaitant quitter la France occupée, fut accueilli le 31 décembre 1940 par Robert Flaherty à New York. Il tenta ainsi une nouvelle carrière aux Etats-Unis.

    Mais comment son réalisme put-il être accueilli dans l'usine à rêve qu'est le cinéma américain ? Comment Renoir put-il s'accommoder des règles de fonctionnement d'Hollywood ?

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Les expositions de la Cinémathèque de Tours

L'envers du décor ...

    C'est ce que nous donne à voir l'exposition « Tournages – Paris – Berlin – Hollywood », avec plus de 200 photos provenant de la photothèque de La Cinémathèque française et d'une collection privée ; la photo de l'affiche nous présente Myrna Loy et Clark Gable dans « Un Envoyé très spécial » de Jack Conway (1938) avec une caméra de reporter qui enregistre l'image et le son sur la même pellicule.

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La jeune fille à la balançoire ou du motif pictural au motif cinématographique

    Il est toujours difficile d'être le fils de son père, surtout lorsqu'on se nomme Renoir et que l'un, Jean, aspire par le cinéma à partager la célébrité de l'autre, le peintre, Pierre-Auguste. Toute sa vie, le cinéaste Jean Renoir a vécu dans l'ombre de son père, avec le sentiment d'être un raté. Dans la Règle du Jeu, film de 1939, interprétant le rôle d'Octave, il confie à sa partenaire, Nora Gregor, sur le perron du château de la Ferté Saint-Aubin, ce lourd secret qui lui pèse et dont il ne parvient pas à se défaire. Boudé par le public, si ce n'est à l'occasion de la sortie d'un seul film, La Grande Illusion de 1937, il a le sentiment de ne pas être à la hauteur de ce père à l'égard duquel il nourrit un sentiment de culpabilité. On le mesure dans La Chienne, film de 1931, dans lequel Jean Renoir raconte la déchéance d'un employé de banque, interprété par Michel Simon, qui vend tous les tableaux qu'il peint à ses heures de loisir pour entretenir sa maîtresse, une femme de mauvaise vie. Cette fiction, malgré son issue tragique, n'est pas sans rapport avec la réalité que connaît Jean Renoir, lui qui a épousé Catherine Hessling, dernier modèle de son père et actrice de ses premiers films. C'est pour elle qu'il dilapide son patrimoine en vendant les tableaux de son père. Peine perdue. Le succès n'est pas au rendez-vous. Ainsi un sentiment d'échec et de honte va l'habiter toute sa vie et parcourir toute son oeuvre. Le souvenir de ce père dont il se sent redevable, le hante. Sur le tard, alors que sa santé déclinante l'oblige à une activité réduite, c'est encore à son père qu'il consacre son temps en écrivant ce merveilleux livre autobiographique qu'il intitule tout simplement : Pierre-Auguste Renoir, mon père.

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Mes souvenirs d'Henri Langlois (4ème partie)

4) Henri Langlois et la ville de Tours

    L'inauguration de l'antenne de la Cinémathèque Française à Tours eut lieu en novembre 1972 au Beffroi, une tour de 10 étages au nord de la ville qui allait devenir le plus grand centre socioculturel de la cité avec ses 70 activités et une fréquentation de 3000 personnes par semaine. La salle de la Cinémathèque se trouvait au sixième étage et contenait 100 places assises.

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